ARCHITECTURE

Une église singulière de style gothique et renaissance
Une unité spatiale ininterrompue, des croisées d’ogives très élancées, des proportions établis sur le principe du rectangle d’or donnent à cet édifice un aspect pur et harmonieux.
Le passage du style gothique à celui de la renaissance revêt à l’architecture de l’église un caractère tout à fait particulier.


Une volumétrie particulière
L’édifice se présente sous la forme d’une large nef unique à cinq travées terminées par une abside arrondie. Au niveau de la 4e travée, deux chapelles, l’une au nord et l’autre au sud, donnent au plan un aspect cruciforme. A l’intérieur leur présence n’est pas perçue comme un transept et l’unité spatiale de la nef reste ininterrompue. La structure est en pierres de taille ainsi que l’entourage des baies, le portail, la corniche et le soubassement des murs.
La structure des voûtes de la nef est constituée de croisées d’ogives très élancées qui reposent sur des colonnes engagées d’ordre toscan.

Des proportions harmonieuses
L'église présente un bon nombre de volumes (baie de porte, vitraux, travées de nef) dont les rectangles dans lesquels ils s’inscrivent ont des proportions proches de celle du rectangle d’or.
Le rectangle d’or est un rectangle dont le rapport de la longueur sur la largeur est égale au nombre d’or φ = (√5+1)/2 = 1,618... Le rectangle d’or présente deux intérêts en architecture. Le premier est qu’il donne un confort et une stabilité visuelle. Le second repose sur ses propriétés de nature « fractale ». En effet, si l’on retire du rectangle d’or un carré de côté égal à la largeur du rectangle d’or, la partie restante du rectangle d’or est aussi un rectangle d’or.
Ainsi, il est possible d’ériger des édifices dont les proportions des rectangles sont identiques et visuellement confortable quelque soit le rectangle considéré, à la condition d’utiliser des rectangles d’or. L’église Saint Saturnin en est un exemple.

Des détails spécifiques
Avec l’église Saint Saturnin la persistance de la tradition médiévale gothique rencontre la modernité du style Renaissance dans le contexte d’épanouissement culturel de la fin du XVIe siècle.
L’association des voûtes munies de croisées d’ogives gothique et des colonnes engagées d’ordre toscan fait de l’église de Chauconin un exemple architectural du passage du style gothique à celui de la Renaissance.
Le portail, les baies avec leurs remplages, les clefs des voûtes sont des éléments spécifiques Renaissance. Cette unité de style renforce le caractère exceptionnel de l’église.

Un éclairage naturel exceptionnel et une acoustique parfaite.
A l’intérieur de l’église Saint Saturnin, les formes très épurées des murs sont animées par la lumière naturelle qui traverse des fenêtres très larges occupant plus de la moitié des parois de chaque travée, lumière qui affine et dématérialise les colonnes engagées. Les vitraux ont probablement été réalisés avec du verre blanc, suivant les instructions du Concile de Trente (1545-1563) concernant la lumière dans les églises.
Cette ambiance qui résulte du jeu subtil entre le « solide » et le « diaphane » est accompagnée d’une parfaite acoustique qui renforce le caractère majestueux de l’église.

Détail d'une colonne engagée
Rectangle d'or plan
Rectangle d'or vitrail
Jonction entre la chapelle sud et la nef 1
Jonction entre la chapelle sud et la nef 2